20130514-122504Malgré le très gros enjeu du match, le derby de la peur Courroux – Vicques, joué devant 500 spectateurs, a été d’un fair-play exemplaire de bout en bout. Les capitaines David Boillat (à gauche, pour Courroux) et Pascal Schaller, entourent ici l’heureux arbitre Laurent Meier, de Brugg, sous les yeux d’un invité de marque, le décathlonien du Val Terbi Jonas Fringeli, venu donner le coup d’envoi et lancer le boulet pour un jeu imaginé par le club local.

«Un peu de baraka»

Étonnamment bien charpenté, ce FC Vicques vu à l’œuvre samedi à Courroux (0-1). Surtout en première mi-temps, quand le grand Pascal Lachat, en pointe, avalait Bellevie avec un bel appétit. Ses appels de balle et son besoin d’espaces ont donné des solutions au milieu et mis le doute dans les esprits du FC Courroux. Vicques s’est montré moins habile en deuxième période – mais surtout pas moins tenace ! – lorsque le bonhomme a été décalé à gauche, et que Christian Fleury a lancé deux nouveaux attaquants, Muraz Rachoev et Robin Dolce. «Je voulais apporter un peu de fraîcheur nouvelle en pointe. Et libérer Pascal, qui peut nous apporter la bonne balle dans toutes les positions.» Il a été moins décisif sur le couloir, mais Vicques a passé quand même, via un but de raccroc arraché par Rachoev. «On a un peu la baraka, c’est vrai, mais il faut savoir la provoquer» savourait le coach visiteur après une bataille d’une belle intensité.

Une belle histoire

Vicques se sauvera-t-il pour autant? Allez savoir… Par rapport au début de saison, l’équipe a gagné en qualité. On sent que Christian Fleury privilégie la technique. A mi-terrain, le duo formé du toujours intelligent et motivant Christophe Grolimund et de l’accrocheur Jewan Aubry a bien conjugué ses efforts pour perturber la jouerie locale et organiser le jeu. L’histoire est belle. Ecoutez Christian Fleury: «C’est moi qui ai viré Jewan à Develier! Il n’en faisait pas assez, il ronchonnait trop. Personne ne pensait qu’il rejouerait avec moi un jour. Il s’est présenté à Vicques en me disant qu’il avait mûri, qu’il ferait l’effort. J’ai dit pour moi pas de problème, mais montre-le. Eh bien il nous fait rudement du bien jusque-là!» Deux buts contre FranchesMontagnes mardi dernier, et un match solide contre Courroux pour maintenir l’espoir.

Courroux: très dur à avaler

La pilule était dure. Très très dure à avaler pour les deux piliers du FC Courroux David Boillat et Jean-Luc Paupe, qui sont restés longtemps sur le banc au coup de sifflet final. «Il nous manque toujours ce poil de grinta, ce tout petit plus de combativité qui ferait la différence, soupire le premier nommé. Que nous a-t-il manqué? De se trouver encore mieux, sans doute». Il s’est défoncé pour remettre mille fois l’ouvrage sur le métier. Boillat, le Thomas Bickel de Bellevie, a de nouveau tenu la baguette avec brio, poussé son équipe en avant, notamment dans ce troisième quart d’heure du match où Vicques a plié sans rompre. Dans l’ultime emballage de ce derby captivant, Courroux a montré qu’il pouvait peser d’un certain poids devant. Le fond de jeu demeure. «L’étoile n’est pas totalement éteinte» espérait Boillat. Mais le maintien bien compromis.

«Une finale, ça se gagne!»

Jean-Luc Paupe pestait contre ce scénario qui ne veut pas changer ce printemps. «On domine, on joue, on a le match en main, mais on ne marque pas! Aujourd’hui, quatre à cinq fois, on n’a plus qu’à aller pousser le ballon au fond mais…» Mais Courroux a oublié de finir le travail. Et quand il y est allé, c’est Christophe Grolimund qui a suppléé le gardien vicquois sur la ligne! «De l’autre côté, ils tirent une fois au but et elle va dedans. Et ce n’est pas la première fois que ça nous arrive.» Paupe avait la rage au cœur. «C’était un match de finale. Un match de finale, ça se joue. Mais surtout ça se gagne!» CM

Le Quotidien Jurassien 14.05.2012, photo Roger Meyer.