Le FC Vicques est un peu l’invité surprise des finales de promotion en 2e ligue. Il s’est qualifié sur le fil du rasoir samedi dernier en battant Courroux (1-0), le grandissime favori, qui avait toujours fait la course en tête jusque-là dans le groupe 7 de 3e ligue.

Un peu seulement. Parce que l’équipe du Val Terbi a constamment perché dans les hauteurs du classement, grâce principalement à son expérience et à sa détermination. Demain, lors du match aller à Berthoud (coup d’envoi à 18 h), les garçons du président Samuel Friche n’auront rien à perdre, pas plus d’ailleurs qu’au deuxième acte aux Prés-Ronds prévu, comme pour Boncourt, le samedi 11 juin. De quoi jouer libérés.

«Maintenant qu’on est là…»

Le FCV au sommet de l’échelle. Qui l’eût cru? «J’avoue que c’est une vraie stupéfaction de nous savoir en finale», s’étonne Pierre-Alain Berbier. «Notre objectif d’avant-saison était d’intégrer des juniors dans l’équipe fanion provenant des nouveaux mouvements. C’est chose faite», constate avec satisfaction l’entraîneur vicquois. «Ensuite, on espérait les épauler, afin qu’ils acquièrent les qualités nécessaires pour briguer une place à l’échelon plus haut l’année prochaine. C’est arrivé douze mois plus tôt. Peut-être un peu trop vite. Cela dit, maintenant qu’on est là, on va tout faire pour monter.»

Pierre-Alain Berbier n’a jamais connu pareille aventure en qualité de coach. Après avoir déjà fêté deux ascensions au terme des saisons 2001-2002 et 2008-2009, Vicques peut-il réellement prétendre rejoindre la 2e ligue une troisième fois? Rien n’est impossible. «On ne va pas se prendre la tête», assure le mentor des «jaune et bleu». «On va évoluer sans aucune pression en sans peur au ventre. Néanmoins, je pense qu’avec un contingent mêlé de jeunes éléments et de gars chevronnés, on possède une troupe capable du meilleur. Quoi qu’il en soit, dans ce genre de duel, tout peut arriver.»

Courroux avait anticipé et n’est pas rancunier

Pour fournir le meilleur, il faut déceler les qualités et défauts de son rival. Mais qui connaît Berthoud? «Je n’ai jamais vu évoluer les Bernois», avoue Pierre-Alain Berbier. «Toutefois, j’ai reçu tout un dossier de… Courroux, qui avait anticipé en prenant des informations sur notre futur contradicteur avant même la dernière journée de championnat. Le président du club Claude Ciocchi et le vice-président Daniel Brosy m’ont fourni d’importantes indications.» Voilà des gens qui ne sont pas rancuniers, et même ultra fairplay. Chapeau bas!

Avec de tels échos, Vicques peut surprendre son adversaire. Mais de quels indices s’agit-il au fait? «Je ne vais pas tout dévoiler à la presse, histoire de garder le suspense», rétorque malicieusement Pierre-Alain Berbier. «Ce que je peux dire, c’est que le FCB est une équipe relativement jeune et dotée d’un bon collectif.» Les joueurs de la terre sainte devront dès lors adapter une stratégie poussée pour déstabiliser leur opposant. «Là non plus, je ne vais rien avancer», lâche secrètement le coach jurassien. «Une chose est certaine, je ne vais pas lancer quatre attaquants.»

Vicques promu? Allez savoir. Décontracté rime avec gagné, non?

Marcel Lovis / Le Quotidien Jurassien 03.06.2016