Mais où sont-ils passés ? Que sont-ils devenus ? Voilà plusieurs mois qu’on ne les aperçoit plus sur nos talus régionaux… Fla et Tof, les deux milieux de terrain formés au club et montés en première il y a une dizaine d’années ont dû renoncer à chausser leurs crampons ces derniers mois suite à une blessure au genou. L’un devrait à nouveau pouvoir galoper d’ici quelques semaines, l’autre pas avant le début de l’année prochaine. Nous avons voulu prendre des nouvelles de l’infirmerie.

Salut Fla, salut Tof! Avant de passer dans le vif du sujet, pour tous nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore très bien, pouvez-vous vous présenter en quelques mots?

FLA: J’ai 27 ans, suis marié à Emilie et papa d’une petite Emma qui va avoir 10 mois. Je travaille chez CLA à Delémont avec tout le gratin du foot jurassien (Berbier, Steullet, Riedo, j’en passe et des meilleurs). J’aime également pratiquer le VTT et le ski (vive les bipèdes, hein Tof?).

Sur le terrain, le point fort de Tof: son calme et sa technique.

Son point faible: ses poignées d’amour qu’il va avoir du mal à perdre! 🙂

TOF: Né en 1985, habitant à Vicques jusqu’à peu, je fais partie d’un des nombreux Schaller du village. J’y ai fait mes classes d’école et, bien évidemment, ma formation de footballeur. Pendant mes années de junior, j’ai été sous les ordres de nombreuses personnes avec lesquelles j’ai eu la chance d’évoluer plus tard en tant que coéquipier. Je pense notamment à Jean-Louis Crétin, David Jacks Charmillot et je retrouve maintenant Pierre-Alain Berbier à la tête de la première.

Je travaille depuis plus de 3 ans à Berne dans le domaine de l’informatique. Ne me demandez surtout pas de vous en dire d’avantage, je n’arrive jamais à l’expliquer! J’ai également pris la poudre d’escampette pendant quelques temps en Australie et aux États-Unis, ce qui m’a valu quelques pauses footballistiques pendant les dernières années (autre que les blessures). Je vis actuellement à Delémont mais garde toujours en moi l’esprit d’un vrai Vitchet!

Sur le terrain, le point fort de Fla: il ne pèse pas bien lourd, mais qu’est ce qu’il en a dans le coffre! Rarement vu quelqu’un dépensé autant d’énergie sur un terrain. A coup sûr un coéquipier hors-pair.

Son point faibleil lui arrive de s’enflammer un peu trop et de se prendre pour Van Basten (maillot qu’il aura porté environ 1’348 fois entre 7 et 12 ans).

Merci pour ces quelques précisions. Retour au foot. Après avoir fait toutes vos gammes juniores au FC Vicques jusqu’en 2003, vous avez rejoint ensemble la première équipe du club qui militait à cette époque en 3e ligue. Comment s’est passée cette intégration?

FLA: Le passage des juniors au monde des actifs n’est vraiment pas évident, principalement au niveau physique. Mais mon intégration s’est vraiment bien passée, avec une superbe ambiance d’équipe et l’entraîneur (Laurent Krattinger à l’époque) qui travaillait beaucoup pour cela. Petite précision, nous avons directement débuté en 2e ligue puisque nous avons indirectement participé à la 1ère promotion du club en effectuant uniquement les entraînements.

TOF: A l’époque, ce fut notre ami Kratt qui nous intégra à la première équipe. Il nous a d’ailleurs suivi tout au long de notre parcours au FCV. L’équipe tournait très bien et ce n’était pas facile de se faire une place. On me disait techniquement meilleur, mais j’avais un caractère un peu trop gentil pour m’imposer. Il me manquait souvent ce je ne sais quoi pour franchir le pas et devenir titulaire. A l’inverse, Flavien même en ayant eu des pépins de santé, jouait sans complexe et assurait déjà le spectacle. Notre intégration passait également par des coéquipiers qui pouvaient impressionner au premier abord. Des personnes comme Claude Stadelmann ou Mickael Minder étaient pour nous des exemples et des motivateurs pour se hisser au niveau de la 2e ligue.

Et quel(s) souvenir(s) en gardez-vous?

FLA: Que de bons souvenirs! Toutes les saisons ont apporté tour après tour des moments incroyables, tant au niveau des matchs, des camps d’entraînement, des sorties d’équipe, des promotions ou même des sauvetages lors de la dernière journée de championnat.

TOF: Beaucoup de bons souvenirs dus notamment à une ambiance d’équipe excellente, des camps d’entraînement très animés mais à aussi beaucoup d’efforts pour se mettre à niveau sans forcément avoir de temps de jeu.

Puis, jusqu’à ce jour, les entraîneurs et les joueurs se sont succédés et l’équipe a fait l’ascenseur entre la 3e et la 2e ligue plusieurs fois. Quelle aura été la saison dont vous vous souviendrez?

FLA: Toutes! Exceptées les deux relégations…

TOF: Difficile à dire car nous n’avons jamais eu de saison complètement réussie. Par contre nous avons fait des tours exceptionnels à 25 points (sauf erreur). Et comme toutes les années, le FC Vicques se sauvait lors de la dernière journée en battant Aarberg!

Et celle que vous ne retiendrez pas?

FLA: La saison 2012-2013 passée, avec ma blessure, la relégation et une ambiance d’équipe pas toujours au top.

TOF: Pour moi, certainement la saison 2008-2009 en 3e ligue. En même temps, lorsque l’on se fait une double fracture tibia-péroné au premier match, il n’y a pas grand chose à retenir, même si la saison s’est terminée par une promotion.

Revenons maintenant au sujet (fâcheux) qui nous intéresse: votre blessure. Vous êtes tous deux absents des terrains depuis maintenant plusieurs mois. Que s’est-il passé?

FLA: Rupture des ligaments croisés du genou gauche lors du match de coupe jurassienne à Courgenay en septembre 2012. Match qui avait été reprogrammé suite à la fracture de la cheville de Mak (ndlr: entraîneur des gardiens)! La poisse!! En plus, je me suis fais ça tout seul lors d’un changement de direction.

TOF: Les blessures sont souvent stupides, la mienne le fut d’autant plus qu’elle s’est passée après avoir déjà manqué toute la préparation hivernale. Après un premier tour très difficile et une certaine lassitude, j’avais pris la décision de partir exercer ma deuxième passion qu’est le snowboard dans les montagnes de Californie. De retour en Suisse, j’ai malheureusement fait la journée de trop, la descente de trop… et la blessure arrive toujours lorsque l’on s’y attend le moins!

Le genou, c’est toujours délicat, on ne sait jamais trop à quoi s’attendre. J’ai pris les choses en main et suis directement aller consulter dans la même clinique que Flavien du côté de Muttenz. Ma chance fût que le ligament collatéral interne n’était pas complètement sectionné et ne nécessitait pas d’opération. Par contre, ce fût 3 mois de repos forcé pour guérir. Je commence désormais la rééducation. Comme ce n’est pas la première blessure à mon actif, je sais qu’il ne faut pas vouloir sauter les étapes.

Fla, tu es passé sur le billard au mois de mai, Tof juste pas puisque la déchirure pouvait se remettre sans opération mais avec du repos. Et donc, cela signifie que vous serez absents jusqu’à?

FLA: Je pourrai reprendre le sport à 100% entre 6 à 9 mois après l’opération (ndlr: qui a eu lieu en mai de cette année). Je pense que je recommencerai pour le 2ème tour. Actuellement, j’ai repris le vélo et bien sûr la physio depuis le lendemain de l’opération déjà.

TOF: J’ai de bons espoirs de pouvoir reprendre à 100% dès le mois de septembre, même si je sais que j’aurai besoin de temps pour reprendre le rythme de la compétition.

Et lorsque vous vous trouverez à nouveau avec le 100% de vos capacités, on imagine que vous serez à nouveau prêts à «bouffer du gazon», comme on dit. Ou pas? Dans quel état d’esprit l’on se trouve dans une situation telle qu’actuellement?

FLA: Effectivement, le manque de compétition et le simple fait de ne plus faire partie du groupe me manque. Mais après une blessure comme j’ai eu, ça ne motive pas vraiment. Mais je suis encore jeune et j’espère encore pouvoir évoluer quelques années en 3e ligue ou plus haut.

TOF: La nouvelle situation du FCV en 3e ligue me motive, d’autant plus que l’on aura besoin de tout le monde pour obtenir des résultats. Je trouve très motivant de travailler avec des gens qui donnent tout sur le terrain et de retrouver les joies de la victoire.

De plus, lors de votre retour à la compétition, vous, comme le reste de l’équipe, n’évoluerez plus dans la catégorie de jeu de 2e ligue régionale mais un cran en-dessous puisque la dernière saison fut soldée par une relégation en 3e ligue. D’un point de vue extérieur, pour le club, peut-on parler d’échec?

FLA: Oui et non. Il est toujours difficile d’accepter une relégation. Il faut être positif et se fixer des objectifs pour figurer dans le haut de tableau. Mais rien ne sera simple cette saison, avec notamment de chauds derbys.

TOF: Je ne pense pas que c’est un échec, même si ce n’est jamais facile de descendre d’un échelon. Avec les derbys qui nous attendent, les matchs seront d’autant plus suivis et le niveau n’aura rien à envier à la 2e ligue.

Suite à cet événement et à de nombreux départs, le club a pris la décision de revenir à une alchimie qui a plutôt bien fonctionnée par le passé: créer une équipe de clubistes. Elle sera formée de l’entraîneur Pierre-Alain Berbier, des joueurs restants, et complétée de plusieurs éléments de la seconde garniture. Sachant que l’objectif de la saison est de terminer sur le podium, est-ce la formule magique pour aller de l’avant?

FLA: Je ne sais pas de quoi le futur du FCV sera fait, mais l’objectif est réalisable. Il faudra beaucoup travailler et que les plus anciens prennent leurs responsabilités afin de tirer les jeunes et toute l’équipe en avant. Les joueurs de la 2e équipe (jeunes et moins jeunes) qui intègrent la 1ère ont un très bon niveau de football et vont pouvoir amener un petit plus à l’équipe. Il faudra tout de même rester très sérieux tout au long du championnat. Je pense que le choix effectué par le club est intéressant, j’espère que les supporters seront encore plus nombreux à suivre les jeunes du village pour nos matchs à domicile.

TOF: La formule magique n’existe pas. Mais par expérience, je suis convaincu qu’avec une équipe soudée qui tire à la même corde, les résultats seront au rendez-vous. Les qualités techniques ne sont rien sans une bonne organisation. Il va falloir entourer les jeunes et que chaque joueur prenne ses responsabilités.

Un grand merci pour vos réactions. Et pour clore cette interview, n’oublions pas la traditionnelle question à deux balles: de Fla ou Tof, qui chante le moins faux dans les douches?

FLA: Moi, sans hésiter! Avec Grol (Christophe), on pourrait monter une comédie musicale: Notre Dame-de-Paris 2!

TOF: Il est évident que je suis le meilleur chanteur. Je n’oserais pas critiquer les choix musicaux de Flavien, mais avec comme référence Christophe Maé ou Patrick Bruel, comment voulez-vous savoir chanter? Je fus, dans mon jeune âge, soliste lors de moults concerts de Noël, ce qui fait de moi le Francis Lalanne des douches. D’ailleurs, j’attends toujours une invitation pour passer dans l’émission Les Coups de Cœurs d’Alain Morisod.